Le tableau de financement

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Nous avons vu jusqu'ici comment se contruisaient deux des principaux états financiers : le compte de résultat et le bilan. Il en existe un autre, le tableau de financement, qui a la particularité de faire le lien entre bilan et compte de résultat, pour faire ressortir les mouvements de trésorerie intervenus dans l'année. Les Anglo-saxons parlent d'ailleurs plutôt de statement of cash-flows, ce qui est plus parlant que "tableau de financement".

Les flux de trésorerie vont être retracés à partir du compte de résultat, que l'on va corriger par les variations des différents postes du bilan.

La logique du tableau de financement

Le tableau de financement va mettre l'accent sur les trois politiques qui sont au coeur des décisions financières prises dans une entreprise, à savoir : les politiques d'investissement, de financement, et de distribution des dividendes (autrement dit, pour les entreprises individuelles ou familiales à l'impôt sur le revenu, des prélèvements privés).

Il va décrire :

  1. Les ressources dégagées par l'exploitation
  2. Les investissements
  3. La manière dont ils ont été financés
  4. Ce qui est revenu aux associés

Les ressources d'exploitation

On va partir du compte de résultat. Mais, nous l'avons vu précédemment, certaines opérations sont des artifices purement comptables, sans lien avec la trésorerie : en particulier celles qui constatent la dépréciation d'un bien (les amortissements pour les immobilisations, les provisions pour d'autres postes du bilan), et celles qui établissent des plus ou moins-values sur la revente d'immobilisations.

Nous allons donc prendre le résultat, auquel nous allons ajouter les dotations aux amortissements et provisions, et duquel nous allons retrancher les éventuelles plus-values sur cessions d'actif : nous obtenons ce que nous appelerons la CAF (capacité d'autofinancement).

Mais nous devons encore aller plus loin : comme nous l'avons vu, charges et produits ne correspondent pas aux achats ni au chiffre d'affaires... Nous allons donc retirer de la CAF les augmentations de stock qui ne constituent pas un flux financier.

Et ce n'est pas fini ! Car ce qui a été acheté ou vendu n'a pas forcément été payé ! Un fournisseur peut vous faire crédit, un client peut "oublier" une facture, etc. Nous allons donc retirer de la CAF l'augmentation des créances (c'est-dire-dire ce qui n'a pas encore été encaissé), et y ajouter les augmentations de dettes à court terme (ie. ce qui n'a pas encore été décaissé).

Maintenant, nous disposons bien "du" chiffre correspondant aux encaissements et décaissements issus de l'exploitation "normale" de l'entreprise, sur une année.

Ressources d'exploitation = CAF - variation des stocks - variation des créances + variation des dettes à court terme

Les autres flux

Plus de "chinoiserie" comptable à ce stade : 

  • Pour déterminer les flux liés aux investissements, on prend le montant dépensé, duquel ou soustrait la valeur des biens qui ont éventuellement été revendus
  • Pour les flux liés au financement, on ajoute le montant des nouveaux emprunts à long et moyen terme qui ont été contractés, le cas échéant le montant des augmentations en capital souscrites auprès des associés, et on soustrait les remboursements (typiquement, la part des annuités qui correspond au remboursement en capital)
  • Et pour finir, on retire les prélèvements des associés (ou les dividendes versés dans le cas de sociétés à l'IS).

Et pour finir...

Nous obtenons une équation magique :

+ Flux liés à l'exploitation

+ Reventes - Nouveaux investissements

+ Nouveaux financements à L&MT - remboursements en capital

- Prélèvements des associés (dividendes)

= VARIATION DE LA TRESORERIE SUR L'ANNEE

On parvient donc, grâce à des éléments comptables tirés à la fois du compte de résultat et du bilan, à expliquer ce qui fait que le montant d'un compte en banque diminue ou augmente...

C'est bien, me direz-vous : mais on reste sur un plan descriptif. Que faire, concrètement, de tout ça ?

Je vais maintenant vous proposer une version simplifiée, qui nous permettra d'obtenir un outil de gestion financière extrêmement facile à utiliser, et surtout extrêmement utile pour évaluer l'impact des décisions financière prises dans une entreprise.

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