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    L'analyse financière facile Accueil

    Ce site a pour ambition d'être une initiation claire et compréhensible à l'analyse financière.

    Il s'adresse d'abord aux chefs d'entreprises, artisans, professions libérales, agriculteurs... Tous les professionnels amenés à prendre des décisions à partir d'états financiers.

    Il intéressera particulièrement les créateurs d'entreprise, que je renvoie à la rubrique traitant des "cash-flows": il y est question du document indispensable à tout business plan, le tableau de financement.

    Enfin, il sera utile aux étudiants, qui trouveront ici matière à assimiler les bases de l'analyse et de la gestion financière.

    L'analyse financière facile Lire un bilan, un compte de résultat ou un tableau de financement est à la portée de tout le monde. Que vous soyez entrepreneur, étudiant ou simple curieux, retrouvez ici les bases de l'analyse et de la gestion financière.
  • Rentabilité
    • Compte de résultat
      Compte de résultat Compte de résultat

      En quoi consiste le compte de résultat? D'un côté les charges enregistrées dans l'année, de l'autre les produits. La différence produits - charges fait ressortir un bénéfice (ou une perte si le résultat est négatif).

      actif passif

      Jusqu'ici, aucune révélation…

      Maintenant, faisons un point sur quelques particularités importantes du compte de résultat:

      Le rôle des variations de stock

      On confond assez souvent "chiffre d'affaires" et "produit", ou encore "charges" et "achats". Or il s'agit de notions différentes.

      Exemple 1: variation de stocks et produit

      Ventes de l'année 80
      Stocks produits finis en début d'année 20
      Stocks produits finis fin d'année 50

      Qu'a produit l'entreprise dans l'année?

      • Sur les 80 de ventes, 20 concernent la production N-1
      • Donc elle a vendu pour 80 - 20 = 60 de ce qui a été produit en N
      • Elle finit l'année avec un stock de 50, donc sa production de l'année est 60 + 50 = 110

      Ce raisonnement revient à dire que le produit est constitué:

      • des ventes
      • auxquelles on ajoute la variation de stocks de produits finis
      • soit: 80 + (50 - 20)

      Exemple 2: variation de stocks et charges

      Achats d'approvisionnements 40
      Stocks d'appros en début d'année 50
      Stocks d'appros en fin d'année 30

      Quelles ont été les charges de l'entreprise dans l'année?

      • Elle a d'abord utilisé le stock d'appros de départ, 50
      • Il reste 30 en stocks en fin d'année, donc sur les 40 achetés elle n'a utilisé que 40 - 30 = 10
      • Les charges d'exploitation sont donc de 50 + 10 = 60

      Ce qui revient à dire que les charges sont égales:

      • aux achats
      • diminués de la variation de stocks d'appros
      • soit: 40 - (30 - 50)

      Toute augmentation des stocks est un produit au compte de résultat

      Les dotations aux amortissements

      Autre règle importante dans un compte de résultat : on n'inscrit pas "telles quelles" les opérations d'investissement.

      Exemple : l'entreprise achète un véhicule d'une valeur de 20K€. Ce véhicule sera vraisemblablement utilisé pendant plusieurs années avant d'être changé. Est-ce assimilable à une perte pour l'entreprise? Bien-sûr que non. Mais cela reste une dépense.

      Cette dépense, on va la lisser, et l'étaler sur la durée d'usage du bien. C'est-à-dire la période au terme de laquelle, en théorie, le bien n'aura plus de valeur et sera susceptible d'être renouvelé.

      C'est cette dépréciation que l'on va passer en charge, tous les ans.

      Considérons dans notre exemple que le véhicule "ne vaudra plus rien" au bout de cinq ans, et qu'il faudra alors le renouveler. On va étaler le montant de l'investissement pendant toute la durée d'utilisation du bien, donc passer une charge d'amortissements de 4K€ par an pendant 5 ans.

      Les dotations aux amortissements sont un moyen de lisser sur plusieurs années les dépenses d'investissement

      Les plus ou moins values sur cession d'actif immobilisé

      Par cohérence avec la politique d'étalement des dépenses d'investissement, on ne va pas inscrire brutalement en produit le montant d'une revente.

      Exemple: supposons que notre même véhicule, acheté 20K€, soit revendu au bout de trois ans pour une valeur de 10K€. Comptablement, on peut considérer qu'il "manque" deux ans d'amortissement au compte de résultat, soit 8K€. Lors de la revente, on va soustraire ces 8K€ non amortis du prix de cession (10K€), pour constater une plus-value de 2K€.

      Les provisions

      Comme les amortissements, les provisions sont une charge qui sert à constater une dépréciation: cette fois-ci, non pas sur une immobilisation (un investissement), mais, typiquement, sur la valeur d'un produit en stocks ou sur le montant d'une créance que l'on sait irrécupérable.

      Les opérations de financement

      Dernière règle importante: les opérations de financement (emprunts et remboursements d'emprunts), qu'elles soient à court ou à long terme, sont exclues du compte de résultat. Et c'est du pur bon sens.

      Prenons A et B, deux entreprises parfaitement identiques.

      • A choisit d'emprunter 40K€
      • B choisit de ne rien faire

      Y a-t-il la moindre raison de considérer que A réalise un meilleur produit que B? Aucune.

      Seuls les intérêts d'emprunts seront passés en charge, et non le principal.

      En conclusion: les produits et charges d'un compte de résultat ne traduisent pas les mouvements de trésorerie réels d'une entreprise

      Le compte de résultat La rentabilité se mesure à partir du compte de résultat de l'entreprise
    • Soldes intermédiaires de gestion
      Soldes intermédiaires de gestion Soldes intermédiaires de gestion

      Charges à gauche, produits à droite... Tel quel, il est rigoureusement impossible d'analyser un compte de résultat. C'est pourquoi il est nécessaire de le réorganiser. Les soldes intermédiaires de gestion ("SIG") reGroupent les postes de charges et de produits d'une manière logique et plus parlante.

      Les SIG

      La logique qui sous-tend les SIG est simple. De manière schématisée, on va considérer qu'à partir du chiffre d'affaires dégagé par l'exploitation, il va falloir être en mesure, dans l'ordre:

      1. de payer les fournisseurs
      2. de payer les salariés
      3. de faire face au renouvellement des investissements
      4. de payer les intérêts dus aux créanciers
      5. de payer l'état
      6. de rémunérer les propriétaires de l'entreprise

      A chaque étape, on constate un solde. Ce qui nous donne:

      CA (chiffre d'affaires)
      - achats
      + augmentation des stocks
      = VA (valeur ajoutée)
      - charges de personnel
      = EBE (excédent brut d'exploitation)
      - dotations aux amortissements et provisions
      = Résultat d'exploitation
      +/- produits ou charges financières
      = Résultat courant
      +/- résultat exceptionnel (plus ou moins values sur cessions)
      = Résultat brut
      - impôt sur les sociétés
      = Résultat net
      (disponible sous forme de dividendes)

      Un de ces SIG mérite tout particulièrement notre attention: l'excédent brut d'exploitation. Voyons pourquoi il s'agit d'un indicateur-clé de l'analyse.

      L'EBE mesure l'exploitation, et rien d'autre.

      Rappelons ce qu'est l'EBE : le produit d'exploitation, diminué des consommations et achats de service, diminué des salaires et charges salariales. Bref, c'est ce qui reste après qu'on a payé les fournisseurs et les employés.

      On ne "triche pas" avec l'EBE !

      Dans l'EBE ne sont pas encore prises en compte les dotations aux amortissements.

      Or les amortissements peuvent être modulés de façon à modifier le résultat déclaré auprès de l'administration fiscale — l'intérêt étant, par exemple, de limiter l'impact de l'impôt sur le revenu lors d'une année exceptionnelle.

      L'EBE se calcule également avant charges financières: or ces dernières vont dépendre en grande partie des décisions prises par les dirigeants d'entreprise en matière de financement.

      Le calcul de l'EBE est donc complètement indépendant des politiques fiscales ou financières propres à chaque entreprise.

      L'EBE est souvent le point de départ quand on réalise des projections financières

      L'EBE est "la" ressource d'exploitation, à partir de laquelle on peut décliner les politiques qui sont au cœur de la décision financière : investissement, financement et distribution de dividendes (ou prélèvements privés).

      A ce titre, il est souvent un élément clé du tableau de financement, que l'on étudiera plus loin.

      Les soldes intermédiaires de gestion Et le compte de résultat devient parlant
    • Analyser un compte de résultat
      Analyser un compte de résultat Analyser un compte de résultat

      Je vous conseille de ne pas vous plonger dans un calcul systématique de toutes les évolutions de postes ou de tous les ratios possibles et imaginables — vous risquez de vous noyer sous un déluge de données inexploitables, et de passer à côté de l'essentiel en vous attachant à des détails.

      A la place, je vous propose d'examiner quelques "grandes masses". Ne poussez l'analyse que pour aller dans le détail d'un indicateur qui semble problématique. 

      Première étape : survol

      Vérifiez les points suivants :

      • le résultat de l'exercice est-il positif ? Si la réponse est "non", les propriétaires de l'entreprise n'ont théoriquement rien à se mettre sous la dent.
      • l'EBE est-il positif ? Si la réponse est "non", l'entreprise est dans le rouge, et ne peut même pas assurer une exploitation "normale" — c'est-à-dire payer ses fournisseurs et/ou ses salariés.

      Deuxième étape : évolution de l'activité

      Examinez le CA, la VA et l'EBE sur trois ans: l'activité est-elle en augmentation ou en perte de vitesse ?

      Troisième étape : quelques ratios pour la rentabilité proprement dite

      Calculez, sur trois ans, les ratios suivants:

      • Valeur ajoutée / CA
      • EBE / CA

      De quelle manière évoluent-ils? S'ils se dégradent, il y a perte de rentabilité dans l'exploitation.

      Et là, vous pouvez aller plus loin dans l'analyse, et tenter de repérer d'où provient le mal. Certaines charges ont l'air mal maîtrisées: lesquelles?

      Quatrième étape : analyse sectorielle

      Recueillez, si possible, les moyennes de votre secteur d'activité (certains cabinets comptables peuvent fournir ce genre de données). Comparez les ratios précédents avec ceux d'entreprises comparables à la vôtre.

      Ce point est parfois négligé alors qu'il est riche d'enseignements.

      Supposons que tous les clignotants soient au vert : CA et EBE en hausse, EBE / CA = 20%, en hausse également. Mais supposons également que le ratio EBE / CA soit égal à 30% pour la moyenne du secteur.

      Cela signifie non seulement qu'il y a une marge de progression possible, mais surtout qu'il y a un manque d'efficacité: les concurrents, à activité égale, peuvent investir (ou s'enrichir) plus vite.

      Comment analyser un compte de résultat Adoptez une démarche globale et rapide en allant à l'essentiel
  • Solvabilité
    • Bilan
      Bilan Bilan

      La solvabilité mesure à quel point une entreprise peut faire face à ses engagements à long terme. Autrement dit, il s'agit de vérifier si un prêteur a une chance d'être remboursé. Cette mesure se fait à partir du bilan.

      L'actif d'un bilan (colonne de gauche) est constitué par tout ce que détient l'entreprise. Le passif d'un bilan (colonne de droite) comprend quant à lui tout ce que doit l'entreprise.

      L'actif

      Les actifs détenus par l'entreprise vont être classés selon un ordre logique. Pour chacun d'entre eux, on va se poser une question simple: est-ce qu'il peut être rapidement converti en cash? Si oui, on le place dans le bas du bilan. Sinon, on le place dans le haut du bilan.

      C'est ainsi que l'actif, de haut en bas, va être constitué:

      • des immobilisations, qui comme leur nom l'indique sont les éléments les moins susceptibles d'être cédés facilement. Il s'agit essentiellement des terrains, des constructions et des équipements, bref de l'outil de production. Quand des dotations aux amortissements ont été pratiquées, on les soustrait de la valeur d'acquisition des immobilisations
      • des stocks (au sein desquels on peut faire une distinction entre produits finis, produits en cours et approvisionnements pour une analyse plus fine)
      • des créances : il s'agit des encaissements en attente sur des ventes déjà effectuées. On peut parfaitement céder sa créance à un tiers, par exemple par le biais de l'affacturage
      • de la trésorerie: liquide, comptes bancaires et placements à court-terme.

      On appelle "actif circulant" l'ensemble le plus liquide, constitué par les stocks, les créances et la trésorerie.

      Le passif

      Le raisonnement permettant d'ordonner tous les éléments du passif est similaire à celui utilisé pour l'actif: on va se demander si ce que doit l'entreprise est exigible rapidement ou non. Si oui, on le place en bas du bilan ; sinon, en haut.

      Le passif, de haut en bas, va donc être constitué:

      • des fonds propres, c'est-à-dire ce que doit l'entreprise à son(ses) propriétaire(s)
      • des dettes à long et moyen terme: il s'agit surtout des prêts consentis par des organismes financiers, sur des durées de plus d'un an
      • des dettes à court terme: qu'il s'agisse d'emprunts de trésorerie réalisés auprès des banques, de découverts ou de crédits accordés par les fournisseurs

      On appelle "passif circulant" les dettes exigibles à court terme.

      Le bilan en synthèse

      La structure du bilan Les postes d'un bilan sont organisés de manière logique
    • Mesurer la solvabilité
      Mesurer la solvabilité Mesurer la solvabilité

      Les capitaux stables sont constitués des emprunts à long et moyen terme, d'une part, et des fonds propres, d'autre part.

      Deux manières de comprendre ce que sont les fonds propres

      1. En imaginant que l'entreprise soit liquidée du jour au lendemain

      Si l'entreprise cesse toute activité, que se passe-t-il ?

      • elle revend tout ce qu'elle possède (*)
      • elle rembourse toutes ses dettes (fournisseurs et établissements bancaires)
      • les propriétaires récupèrent ce qui reste.

      "Ce qui reste", ce sont les fonds propres.

      Mathématiquement, on calcule les fonds propres par différence entre le total de l'actif et le total des dettes dues aux tiers.

      (*) Dans ce raisonnement, on part du principe que la valeur comptable des actifs et leur prix de revente sont équivalents — ce qui est rarement le cas en réalité.

      2. En comprenant la façon dont ils évoluent d'année en année

      • Au démarrage d'une activité, les fonds propres sont constitués de l'apport en capital des associés (leur mise de départ).
      • À la fin de l'année, le bénéfice constaté vient s'ajouter aux fonds propres précédents.
      • Le bénéfice constitue un "droit aux dividendes", qui peuvent être versés aux propriétaires ou laissés en réserve. Les dividendes versés (ou les prélèvements privés, selon le régime juridique) viennent en diminution des fonds propres
      • Et ainsi de suite, tous les ans.

      Les fonds propres sont constitués des capitaux injectés par les propriétaires de l'entreprise, auxquels on ajoute les bénéfices cumulés de l'entreprise, et desquels on retranche les dividendes (ou la part versée tous les ans aux associés).

      Plus les fonds propres sont faibles, plus l'entreprise est risquée

      A qui prêteriez-vous le plus volontiers? A quelqu'un qui croule sous les dettes ou quelqu'un qui n'en a aucune? La réponse va de soi: quelqu'un de déjà endetté a des échéances à respecter, ce qui le rend plus vulnérable au moindre souci de trésorerie.

      Tel est le fondement même de la notion de solvabilité à long terme: on va comparer le niveau des dettes à long et moyen terme au niveau des autres sources stables de financement.

      Quel est la proportion dettes à long et moyen terme / fonds propres idéale ?

      Cette question occupe des rayonnages entiers des bibliothèques, au rayon "théorie financière". Il n'y a pas de réponse formelle.

      Précisons d'abord que l'endettement n'est pas une mauvaise chose en soi: c'est même un formidable outil de gestion financière. Exemple :

      Vous avez le choix entre les deux alternatives suivantes :

      • investir de votre poche 2€ dans une entreprise qui va réaliser un bénéfice de 0.50€
      • mettre 1€ de votre poche dans cette même entreprise, et emprunter 1€ auprès d'une banque moyennant le paiement de 0.10€ d'intérêt

      Quelle serait le rendement de chaque opération ?

      • Dans le premier cas, 0.50 / 2 = 25%
      • Dans le deuxième cas, (0.50 - 0.10) / 1 = 40% !!! Et ça vous laisse un Euro de disponible que vous pouvez placer ailleurs.

      Tout est question de dosage, entre l'effet de levier que nous venons de décrire, et le risque induit par un trop fort endettement.

      Il n'y a pas spécialement de règle. Mais on peut considérer qu'une proportion fonds propres / dettes LMT de 1 pour 1 n'inquiétera personne.

      Cas extrême : fonds propres négatifs

      Des fonds propres négatifs proviennent:

      • soit d'une accumulation successive de pertes, qui sont venues entamer la totalité du capital investi au départ par les associés
      • soit, dans le cas d'une société à l'impôt sur le revenu, de prélèvements privés trop importants par rapport aux résultats dégagés par l'entreprise.

      Dans tous les cas, cela signifie qu'en cas d'arrêt immédiat de l'activité, il n'y a en théorie pas assez de ressources pour que tous les créanciers récupèrent leur mise.

      Les banquiers fuient comme la peste les entreprises sans fonds propres. Pour ces dernières, rechercher de nouveaux financements est mission quasi-impossible.

      Comment mesurer la solvabilité Attachons-nous aux capitaux stables, le passif à long terme du bilan
  • Liquidité
    • Fonds de roulement
      Fonds de roulement Fonds de roulement

      Le fonds de roulement est un indicateur que l'on calcule à partir du bilan.

      J'ai mis un temps fou à saisir ce qu'est un fonds de roulement. Et si je vous fais cette confidence honteuse, ce n'est pas pour étaler ma vie privée, mais parce que je sais d'expérience que je ne suis pas le seul dans ce cas.

      Pourquoi? Parce qu'un comptable, en France, vous décrira généralement le fonds de roulement comme étant "l'excédent des ressources stables par rapport aux emplois à long terme."

      Autrement dit:

      Fonds de roulement

      Et alors, me direz-vous? Je me pose la même question. Et alors? Quelles conclusions pratiques en tirer?

      On a beau me dire que cette définition du fonds de roulement "permet-de-savoir-si-des-investissements-ne-seraient-pas-en-fait-financés-par-du-court-terme", ça ne me parle pas. Je ne visualise pas immédiatement en quoi ça impacte le fonctionnement courant d'une entreprise. Je ne vois pas en quoi le concept de "roulement" peut s'expliquer avec les postes les plus stables du bilan.

      D'autant plus que pour ces questions d'investissement et de financement, le tableau de financement est un outil bien plus adapté que le bilan.

      Et un jour, j'ai eu "ze" révélation: il m'a suffit de consulter la définition de "working capital" dans un ouvrage américain, et j'ai compris en un instant.

      Le fonds de roulement

      Il suffit de considérer que le fonds de roulement n'est pas un indicateur du "haut" du bilan, de tout ce qui est à long terme, mais à l'inverse une lecture du "bas" de bilan, de tout ce qui est à court terme.

      A court terme, une entreprise doit payer:

      • ses fournisseurs
      • ses éventuels emprunts de trésorerie
      • ses découverts.

      En face, qu'est-ce qu'il y a de disponible, à court terme également, pour pouvoir payer tout ça?

      • les comptes bancaires positifs
      • les placements à court terme
      • l'argent des clients qui doit rentrer
      • et enfin les stocks, qu'il suffit de vendre ou de revendre pour obtenir du cash bien frais.

      La différence entre l'actif circulant et les dettes à court terme, voilà de qu'est le fonds de roulement : Fonds de roulement

      Selon moi, cette approche permet de mieux comprendre ce qu'est le FdR.

      Et le "besoin en fonds de roulement" dans tout ça?

      Parce que j'aborde le fonds de roulement par le bas du bilan, on m'a souvent fait remarquer, à tort, que ce que je calculais était en fait un "besoin en fonds de roulement".

      C'est faux. La formule du BFR est la suivante: (stocks + créances) - dettes à CT

      Le trésorerie n'est pas inclue dans le calcul du BFR — alors qu'elle l'est dans "mon" calcul du fonds de roulement.

      À quoi sert le BFR?

      On a l'égalité suivante (je vous laisse le soin de vérifier l'équation par vous-même):
      FdR - BFR = Trésorerie

      Pour tous ceux qui voient le fonds de roulement comme un indicateur de "haut de bilan", le BFR permet d'inclure (enfin!) des éléments de l'actif et du passif circulants dans l'analyse.

      Mais si on considère d'emblée que le fonds de roulement est un indicateur de "bas de bilan", calculer un besoin en fonds de roulement ne présente aucun d'intérêt pratique.

      Le fonds de roulement La liquidité, c'est-à-dire la facilité avec laquelle une entreprise fait face à ses engagements courants, se mesure grâce au fonds de roulement.
    • Interpréter le fonds de roulement
      Interpréter le fonds de roulement Interpréter le fonds de roulement

      Rappelons que le fonds de roulement se calcule de la façon suivante: stocks + créances + trésorerie - dettes court terme.

      Fonds de roulement

      Le fonds de roulement est-il positif ?

      Si oui, "tout roule". Avec le cash dont l'entreprise dispose ou dont elle va pouvoir disposer rapidement, les besoins à court terme sont couverts.

      Le fonds de roulement est-il négatif ?

      L'entreprise n'est pas en mesure de dégager rapidement de quoi assurer le paiement des fournisseurs ou des dettes bancaires à court terme.

      Une entreprise dont le fonds de roulement est négatif est en recherche constante de liquidités pour couvrir ses besoins à court terme; elle fait traîner ses dettes fournisseurs, quémande des crédits à court terme auprès de sa banque, essaie de vendre ses stocks de produits finis au plus vite ou tanne ses clients pour se faire payer rapidement.

      Mais ce ne sont là que des mesures transitoires: un exercice de jonglage entre les différents postes à court terme du bilan — qui peut ponctuellement améliorer la trésorerie, mais ne change en rien le fait que le fonds de roulement, structurellement, soit négatif.

      Les issues immédiates à un fonds de roulement négatif ?

      1. Cesser tout paiement (on parle là d'une banqueroute pure et dure)
      2. Vendre des immobilisations pour renflouer la trésorerie (mais on supprime une partie de l'outil de travail)
      3. Solliciter les associés pour qu'ils injectent des fonds (ce qui suppose de les convaincre que l'entreprise est rentable)
      4. Emprunter à long terme pour soulager la trésorerie (ce qui implique de persuader les banques que l'entreprise saura les rembourser)

      Le fonds de roulement est un indicateur qui ne pardonne pas: négatif, il révèle de manière infaillible une situation grave dans l'entreprise.

      Mais notons bien que le fonds de roulement ne permet pas, en soi, d'analyser en profondeur les causes du mal, ni de mesurer l'impact des actions correctrices qui sont éventuellement entreprises. Ce que l'analyse des cash flows, en revanche, permet de faire.

       

      Comment interpréter le fonds de roulement Le fonds de roulement indique la facilité avec laquelle une entreprise peut faire face à ses dépenses courantes
    • Fonds de roulement et trésorerie
      Fonds de roulement et trésorerie Fonds de roulement et trésorerie

      Si le fonds de roulement va mal, rien ne va.

      Mais il existe des situations où le fonds de roulement est positif sans que cela ne se traduise en "cash", en trésorerie, en argent frais disponible. Des situations où l'entreprise a l'impression de devoir courir derrière ses clients pour pouvoir payer ses fournisseurs.

      Prenons l'exemple d'une entreprise dont la structure du fonds de roulement est la suivante:

      Fonds de roulement et trésorerie

      Nous avons une situation où le fonds de roulement est positif: l'actif circulant est bien supérieur au passif exigible à court terme. La trésorerie, quant à elle, est négative (c'est pour cette raison qu'on la fait figurer dans la colonne de droite, au passif du bilan).

      Quelles sont les explications possibles?

      Un ralentissement de l'activité

      L'entreprise produit et/ou achète des marchandises, mais celles-ci viennent gonfler les stocks parce qu'elles se vendent mal.

      Des clients qui paient mal

      Les créances augmentent.

      Un décalage entre déencaissements et décaissements

      Supposons que l'entreprise ait réalisé:

      • pour 450 de ventes HT, soit 540 TTC
      • pour 300 d'achats HT, soit 360 TTC.

      Le poste client représente donc 60 x 360 / 540 = 40 jours de ventes

      Le poste fournisseurs représente 30 x 360 / 360 = 30 jours d'achats

      Les stocks représentent 50 x 360 / 300 = 60 jours d'achats

      Tout a l'air de se passer selon le scenario suivant :

      • Jour 1 : l'entreprise achète une marchandise
      • Jour 30 : l'entreprise paie la marchandise achetée
      • Jour 60 : L'entreprise vend la marchandise
      • Jour 100 : L'entreprise en reçoit le paiement

      Soit 70 jours entre le moment où les fournisseurs sont payés et le moment où la vente est encaissée.

      Une forte croissance de l'activité

      C'est le paradoxe ultime: le marché explose, et l'entreprise doit gonfler ses achats et ses stocks pour faire face à la demande. Les besoins en financement court terme augmentent rapidement.

      Mais les banques, prudentes, traînent la patte et rechignent à accorder des lignes de trésorerie: l'entreprise est à découvert.

      Quels peuvent-être les remèdes?

      De manière évidente, tout ce qui va permettre de réduire les stocks, de diminuer les créances ou d'augmenter les dettes à court terme contribuera mécaniquement à une augmentation de la trésorerie.

      Les solutions peuvent être internes:

      • en obtenant des règlements plus rapides des clients
      • en maîtrisant mieux les stocks
      • en payant plus tard les fournisseurs.

      Elles peuvent également être recherchées en externe:

      • en obtenant des crédits court terme auprès d'établissements financiers
      • en cédant des créances (par le biais de l'affacturage par exemple).

       

      Fonds de roulement et trésorerie Un fonds de roulement positif est une condition nécessaire, qui ne met cependant pas à l'abri de tensions de trésorerie
    • Ratios de liquidité
      Ratios de liquidité Ratios de liquidité

      Rappelons la structure du fonds de roulement :

      Fonds de roulement

      Current ratio

      En Français "ratio de liquidité globale", il mesure l'actif circulant par rapport au passif circulant:

      Current ratio = (stocks + créances + trésorerie) / Dettes CT

      La liquidité est correcte si ce ratio est supérieur à 1. Une autre manière de dire que le fonds de roulement doit être positif.

      Acid test ratio

      Certains puristes estiment que le fonds de roulement tel que nous l'avons calculé jusqu'ici donne une image imparfaite de la liquidité d'une entreprise. Notamment parce que certains stocks (en cours, emballages etc.) seraient dans la réalité difficiles à convertir en cash.

      C'est pourquoi il existe des versions corrigées du "current ratio". La plus connue (car la plus facile à calculer), mais également la plus radicale, est le "test à l'acide", qui exclut carrément l'intégralité des stocks:

      Acid test ratio = (trésorerie + créances) / dettes CT

      La situation peut être jugée comme préoccupante si ce ratio est inférieur à 1.

      Dans la pratique

      Rien ne vous empêche d'adopter votre propre mesure de la liquidité d'une entreprise.

      Vous pouvez par exemple exclure les en-cours de l'actif circulant, mais inclure les stocks de matières premières et de produits finis, etc.

      Le tout est de rester cohérent d'une année sur l'autre et d'une entreprise à l'autre dans votre analyse.

      Ratios de liquidité Des ratios utiles calculés à partir du fonds de roulement
  • Flux financiers
    • Tableau de financement
      Le tableau de financement Tableau de financement

      Nous avons vu jusqu'ici comment se construisaient deux des principaux états financiers: le compte de résultat et le bilan. Il en existe un autre, le tableau de financement, qui a la particularité de faire le lien entre bilan et compte de résultat, pour faire ressortir les mouvements de trésorerie intervenus dans l'année. Les Anglo-saxons parlent d'ailleurs plutôt de statement of cash-flows, ce qui est sans doute plus parlant.

      Les flux de trésorerie vont être retracés à partir du compte de résultat, que l'on va corriger des variations des différents postes du bilan.

      La logique du tableau de financement

      Le tableau de financement va mettre l'accent sur les trois politiques qui sont au cœur des décisions financières prises dans une entreprise, à savoir les politiques:

      • d'investissement
      • de financement
      • et de distribution des dividendes (ou, pour les entreprises individuelles ou familiales à l'impôt sur le revenu, des prélèvements privés).

      Il va décrire :

      1. Les ressources dégagées par l'exploitation
      2. Les investissements
      3. La manière dont ils ont été financés
      4. Ce qui est revenu aux associés

      Les ressources d'exploitation

      On va partir du compte de résultat. Mais, nous l'avons vu précédemment, certaines opérations sont des artifices purement comptables, sans lien avec la trésorerie: en particulier celles qui constatent la dépréciation d'un bien (les amortissements pour les immobilisations, les provisions pour d'autres postes du bilan), et celles qui établissent des plus ou moins-values sur la revente d'immobilisations.

      Nous allons donc prendre le résultat, auquel nous allons ajouter les dotations aux amortissements et provisions, et duquel nous allons retrancher les éventuelles plus-values sur cessions d'actif: nous obtenons la CAF (capacité d'autofinancement).

      Capacité d'autofinancement = résultat - dotations aux amortissements et provisions - plus-values de cession

      Nous devons encore aller plus loin: comme nous l'avons vu, charges et produits ne correspondent pas aux achats ni au chiffre d'affaires. Nous allons donc retirer de la CAF les augmentations de stock qui ne constituent pas un flux financier.

      Ce n'est pas fini: ce qui a été acheté ou vendu n'a pas forcément été payé. Un fournisseur peut vous faire crédit, un client peut "oublier" une facture, etc. Nous allons donc retirer de la CAF l'augmentation des créances (ce qui n'a pas encore été encaissé), et y ajouter les augmentations de dettes à court terme (ce qui n'a pas encore été décaissé).

      Maintenant, nous disposons bien "du" chiffre correspondant aux encaissements et décaissements issus de l'exploitation "normale" de l'entreprise, sur une année.

      Ressources d'exploitation = CAF - variation des stocks - variation des créances + variation des dettes à court terme

      Les autres flux

      Plus de "chinoiserie" comptable à ce stade: 

      • Pour déterminer les flux liés aux investissements, on prend le montant dépensé, duquel ou soustrait la valeur des biens qui ont éventuellement été revendus
      • Pour les flux liés au financement, on ajoute le montant des nouveaux emprunts à long et moyen terme qui ont été contractés, le cas échéant le montant des augmentations en capital souscrites auprès des associés, et on soustrait les remboursements (typiquement, la part des annuités qui correspond au remboursement en capital)
      • Et pour finir, on retire les prélèvements des associés (ou les dividendes distribués dans le cas de sociétés à l'IS).

      Au final

      Nous obtenons le tableau suivant:

      CAF
      - variations des stocks
      - variation des créances
      + variation des dettes CT

      = Ressources d'exploitation
      - nouveaux investissements
      + cession d'immobilisations
      - remboursements en capital des emprunts
      + nouveaux financements LMT
      - prélèvements des associés (dividendes)
      = Variation de la trésorerie

      On parvient donc, grâce à des éléments comptables tirés à la fois du compte de résultat et du bilan, à expliquer ce qui fait que le montant de la trésorerie diminue ou augmente.

      C'est bien, me direz-vous, mais on reste sur un plan descriptif. Que faire de tout ça concrètement?

      Je vais maintenant vous proposer une approche simplifiée, qui nous permettra d'obtenir un outil de gestion financière extrêmement facile à utiliser, et surtout extrêmement utile pour évaluer l'impact des décisions financière prises dans une entreprise.

      Le tableau de financement Lien entre compte de résultat et bilan, le tableau de financement décrit les mouvements de trésorerie d'un exercice
    • Cash flows simplifiés
      Les cash flows simplifiés Cash flows simplifiés

      Dans la partie précédente sur le tableau de financement, nous avons vu comment il était possible de retracer les mouvements de trésorerie d'un exercice. En même temps, souvenons-nous: s'il y avait un indicateur à retirer du bilan, ce serait le fonds de roulement, plus que la trésorerie.

      Tableau de financement et fonds de roulement

      Reprenons le mécanisme du tableau de financement:

      Capacité d'autofinancement (CAF)
      - variation des stocks
      - variation des créances
      + variation des dettes à court terme
      +/- autres mouvements de trésorerie (financement, investissement et dividendes)
      = variation de la trésorerie

      Dégageons des ressources d'exploitation celles qui sont liés aux variations des stocks, des créances et des dettes CT:

      CAF
      +/- autres mouvements de trésorerie
      = variation de la trésorerie
      + variation des stocks
      + variation des créances
      - variation des dettes à court terme

      Ce qui nous donne — rappelez-vous notre définition du fonds de roulement:

      CAF
      +/- autres mouvements de trésorerie
      = variation du fonds de roulement

      Ce petit aménagement a suffi pour que le tableau de financement nous indique, en lecture directe, s'il y a dégradation ou amélioration du fonds de roulement — un des meilleurs indicateurs qui soient.

      Simplifions encore

      Jusqu'ici, nous avons calculé les ressources d'exploitation à partir de la capacité d'autofinancement

      Or sont inclues dans la CAF:

      • Un résultat financier à court terme, qui est difficile à anticiper. Ventes imprévues, client insolvable, fournisseurs avec de nouvelles conditions de paiement, placements ponctuels… Un rien peut les faire varier d'une année à l'autre.
      • Des intérêts sur les emprunts à long et moyen terme. Il est logique, d'un point de vue comptable, de les porter en charge. Mais n'est-il pas aussi logique, dans un tableau de flux financier, de les intégrer plutôt dans les opérations de financement?
      • L'impôt sur les société, qui peut être variable : certains artifices fiscaux permettent de le moduler.

      Conséquence: il est souvent plus pratique, notamment dans un prévisionnel, de prendre comme ressource d'exploitation l'EBE plutôt que la CAF, même s'il s'agit d'une approximation. L'EBE a le mérite d'être un indicateur bien identifié dans les soldes intermédiaires de gestion, et sur lequel il est facile de faire des simulations.

      Il reste à aménager un peu notre tableau de flux en remplaçant la ligne "remboursements d'emprunts" par une ligne "annuités", qui va désormais comprendre les intérêts en plus du capital.

      Synthèse: tableau des flux financiers simplifié

      Exploitation Excédent brut d'exploitation
      Investissements - nouveaux investissements
      + revente d'immobilisations
      Financement - annuités d'emprunts
      + nouveaux emprunts contractés
      Distribution des dividendes - dividendes (ou prélèvements privés)
        = variation du fonds de roulement

      Voyons maintenant quelques applications de ce tableau des flux.

      Les cash flows simplifiés Un tableau de financement "light" qui permet de bien comprendre l'évolution du fonds de roulement
    • Gestion financière
      Introduction à la gestion financière Gestion financière

      La notion de "disponible"

      En l'absence d'investissements nouveaux, et en supposant une certaine stabilité des ressources d'exploitation, le tableau des cash-flows simplifié nous donne:

      EBE moyen
      - annuités 
      - prélèvements (dividendes) 
      = variation du fonds de roulement 

      Cette variation du fonds de roulement peut être vue comme du "disponible", ou une "marge de manœuvre": une ressource dont l'entreprise ou ses propriétaires peuvent disposer sans détériorer les équilibres financiers.

      C'est ainsi que le tableau des flux de trésorerie peut permettre d'évaluer rapidement la viabilité de certaines décisions.

      Prenons un exemple chiffré

      Supposons que l'on ait les éléments suivants (on considère que l'EBE reste stable pour simplifier l'explication):

      EBE prévisionnel 100 K
      Annuités -50 K
      Prélèvements -30 K
      Disponible
      (var. du FdR)
      +20 K

      Je dois investir dans du matériel informatique qui me coûterait 10K. Puis-je l'autofinancer?

      Oui. Le disponible est de 20K, il tombera à 10K la première année.

        Année 1 Année 2 Année 3
      EBE 100 K 100 K 100 K
      Investissement -10 K    
      Annuité -50 K -50 K -50 K
      Prélèvements -30 K -30 K -30 K
      Var. du FdR +10 K +20 K +20 K

      J'ai besoin de 15K en plus tous les ans pour subvenir aux besoins croissants de ma famille. Puis-je les prélever?

      Oui. Le disponible est de 20K, il tombera à 5K.

        Année 1 Année 2 Année 3
      EBE 100 K 100 K 100 K
      Annuités -50 K -50 K -50 K
      Anciens prélèvements -30 K -30 K -30 K
      Prélèvements supplémentaires -15 K -15 K -15 K
      Var. du FdR +5 K +5 K +5 K

      Je dois faire un investissement de 70K. Puis-je l'autofinancer?

      Non. Le disponible est de 20K, et ne couvre pas les 70K d'investissement. Le fonds de roulement serait fortement dégradé.

        Année 1 Année 2 Année 3
      EBE 100 K 100 K 100 K
      Investissement -70 K    
      Annuités -50 K -50 K -50 K
      Prélèvements -30 K -30 K -30 K
      Var. du FdR -50 K +20 K +20 K

      La banque propose de financer l'intégralité de mon investissement de 70K. L'annuité serait de 12K. Puis-je accepter?

      Oui. Le disponible de 20K permet de couvrir les nouvelles annuités.

        Année 1 Année 2 Année 3
      EBE 100 K 100 K 100 K
      Investissement -70 K    
      Nouvel emprunt +70 K    
      Anciennes annuités -50 K -50 K -50 K
      Annuités supplémentaires   -12 K -12 K
      Prélèvements -30 K -30 K -30 K
      Var. du FdR +20 K +8 K +8 K

      Fort de mon EBE de 100K, j'envisage d'embaucher une personne. Salaires et charges salariales se monteraient à 40K. Je peux?

      Non. Le disponible n'est que de 20K.

        Année 1 Année 2 Année 3
      Andien EBE 100 K 100 K 100 K
      Nouvelles charges -40 K  -40 K  -40 K 
      Annuités -50 K -50 K -50 K
      Prélèvements -30 K -30 K -30 K
      Var. du FdR -20 K -20 K -20 K

      J'embauche quand même cette personne. De combien faudrait-il augmenter les ressources d'exploitation pour couvrir salaires et charges?

      De 20K au minimum. La marge de manœuvre serait alors nulle.

        Année 1 Année 2 Année 3
      EBE 60 K 60 K 60 K
      Ressources d'exploitation supplémentaires requises +20 K +20 K +20 K
      Annuités -50 K -50 K -50 K
      Prélèvements -30 K -30 K -30 K
      Var. du FdR 0 K 0 K 0 K

      Mon fonds de roulement est négatif: -60K. La banque suggère un prêt de consolidation de 60K, moyennant paiement d'une annuité de 10K. Est-ce jouable?

      Oui. Le disponible de 20K permet de couvrir les nouvelles annuités.

        Année 1 Année 2 Année 3
      EBE 100 K 100 K 100 K
      Nouvel emprunt +60 K    
      Anciennes annuités -50 K -50 K -50 K
      Annuités supplémentaires   -10 K -10 K
      Prélèvements -30 K -30 K -30 K
      Var. du FdR +80 K +10 K +10 K

      Les exemples pourraient être multipliés à loisir. Le tableau des cash-flows est un outil simple et puissant: il permet de mesurer l'impact des décisions financières (investissements, financements, prélèvements), d'étudier des scenarii différents et d'établir des prévisionnels.

      Introduction à la gestion financière Prendre des décisions financières à partir des "cash-flows simplifiés"
    • Business plan
      Le business plan Business plan

      Le business plan est un document de synthèse présentant un projet de création d'entreprise. Il permet aux entrepreneurs de mieux formaliser leur projet, et les aide à rechercher, si besoin est, des sources de financement externe.

      Un des points cruciaux du business plan est de préciser les conditions de viabilité financière du projet — ce qu'un prévisionnel de cash-flows sur quelques années permet de faire.

      Petite illustration:

      1. Estimation des ressources d'exploitation

      Supposons que la nouvelle affaire soit une entreprise individuelle prestataire de services.

      • Elle prévoit de réaliser un Chiffres d'affaires de 80K la première année, 100K la deuxième, 120K la troisième.
      • Pour ses locaux, elle paiera un loyer de 12K par an.
      • Elle estime ses autres frais généraux et achats divers à environ 25% du chiffre d'affaires réalisé.
      • Elle prévoit l'embauche d'un(e) secrétaire à temps partiel, pour des salaires et charges de 35K par an.

      De bonnes bases pour démarrer notre prévisionnel de cash-flows :

        Année 1 Année 2 Année 3
      CA 80 K 100 K 120 K
      Loyer -12 K -12 K -12 K
      Autres charges -20 K -25 K -30 K
      Frais de personnel -35 K -35 K -35 K
      EBE prévisionnel +13 K +28 K +43 K

      2. Les besoins

      Dès la première année, l'entreprise doit acquérir un véhicule d'une valeur de 20K et estime qu'il faudra 8K pour équiper un bureau.

      L'entrepreneur a un objectif de prélèvements de 20K la première année, montant qu'il espère voir progresser de 5K par an.

      3. Financement personnel

      L'entrepreneur peut "injecter" 15K au démarrage de son affaire.

      Qu'est-ce que cela nous donnerait sans financement complémentaire ?

        Année 1 Année 2 Année 3
      EBE prévisionnel +13 K +28 K +43 K
      Investissements -28 K    
      Apport +15 K    
      Prélèvements -20 K -25 K -30 K
      Marge de manœuvre -20 K  +3 K  +13 K 

      Ce scenario montre des besoins insuffisamment couverts la première année, et des tensions insupportables les premières années.

      Au bout de 3 ans, le fonds de roulement reste en effet négatif: -20 +3 +13 = -4K

      4. Financements externes

      Imaginons maintenant que l'entreprise finance l'intégralité de ses investissements (28K) par un emprunt sur 5 ans, moyennant 6K d'annuités.

        Année 1 Année 2 Année 3
      EBE prévisionnel +13 K +28 K +43 K
      Investissements -28 K    
      Apport +15 K    
      Emprunt +28 K    
      Annuités   -6 K -6 K
      Prélèvements -20 K -25 K -30 K
      Marge de manœuvre +8 K  -3 K  +7 K 

      Nous obtenons un plan de financement plus acceptable. La marge de manœuvre promet d'être inexistante la deuxième année; mais on démontre qu'à partir de l'année 3, l'entreprise est bien en mesure de rembourser son emprunt et de dégager du fonds de roulement.

      De quoi rassurer un banquier sur la viabilité du projet.

      Le business plan Un cas particulier d'utilisation des cash-flows simplifiés
  • Principaux indicateurs
    Principaux indicateurs Principaux indicateurs

    Je vous propose une check-list de points à vérifier en priorité lors de votre analyse financière.

    Au compte de résultat (soldes intermédiaires de gestion)

    Résultat courant
    → L'entreprise dégage-t-elle une perte ou un bénéfice?

    Tendance du CA sur trois ans
    → L'activité augmente-t-elle ou est-elle en perte de vitesse?

    Valeur ajoutée et Excédent brut d'exploitation
    → Sont-ils bien positifs?

    Evolution sur trois ans des ratios VA/EBE et EBE/CA
    → Comment évolue la rentabilité de l'exploitation?

    Comparaison du ratio EBE/CA avec la moyenne du secteur
    → L'efficacité peut-elle être améliorée?

    Au bilan (solvabilité - liquidité)

    Fonds propres
    → Sont-ils bien positifs?

    Rapport Fonds propres/dettes à long et moyen terme
    → L'endettement est-il maîtrisé?

    Fonds de roulement
    → Le FDR est-il bien positif?

    Ratios de liquidité
    → Comment évolue la liquidité sur trois ans?

    Au tableau des flux financiers

    Variation du fonds de roulement
    → Les ressources d'exploitation couvrent-elles les investissements autofinancés, les remboursements d'emprunts et les prélèvements (ou dividendes) des associés?

    Signaux rédhibitoires

    Certains indicateurs ne trompent pas, et montrent de manière infaillible qu'une entreprise traverse de grosses difficultés financières.

    EBE négatif?
    → L'exploitation n'est pas rentable.

    Fonds propres négatifs?
    → Le capital social est entamé par des pertes successives (ou les associés prélèvent trop).

    Fonds de roulement négatif?
    → L'entreprise n'est pas en mesure d'honorer ses engagements à court-terme.

    Pour plus de détails, je vous invite à consulter ou à revoir les dossiers traitant de la rentabilité, de la solvabilité, de la liquidité et des flux financiers.

    Les indicateurs-clés de l'analyse financière Les signes les plus révélateurs de la situation financière d'une entreprise
  • À propos
    À propos À propos

    Pourquoi anafin.fr?

    Ce site est né d'une frustration: celle d'avoir "mal" appris l'analyse financière durant la majeure partie de mes études. "Mal", car la maîtrise des techniques comptables est souvent posée comme un préalable indispensable à la compréhension de la finance.

    Or, si comptabilité et finance sont complémentaires, ces deux disciplines ont peu de choses en commun, ni dans l'esprit, ni dans les objectifs recherchés. En outre, les qualités qui font un bon comptable sont aux antipodes de celles qui font un bon analyste: l'un doit avoir le souci du détail, l'autre doit savoir prendre du recul.

    Résultat? J'ai appris ("essayé d'apprendre" serait plus juste) l'art de bien classer tous les chiffres dans les bonnes colonnes: débit, crédit, charges, produits, etc. Avec, très important paraît-il, les bons numéros du plan comptable en face de chaque ligne. Mais pour ce qui est de comprendre l'utilité de ce que je faisais, zéro.

    Aujourd'hui, je l'affirme haut et fort: de même qu'on peut être bon pilote sans avoir été mécanicien, on peut analyser un bilan, un compte de résultat ou un tableau de financement sans maîtriser tous les arcanes de la comptabilité.

    L'analyse financière, c'est fait de +, de -, de %, de graphiques, c'est logique et ça se contente de gros chiffres arrondis. C'est ce que j'espère vous démontrer à travers ce site.

    Qui suis-je ?

    Diplômé d'une Ecole Supérieure de Commerce, j'ai ensuite obtenu un MSc. en Finance dans une université nord-américaine. Avant d'être indépendant, j'ai travaillé dans des domaines variés, au sein d'organismes financiers, sur des marchés de matières premières agricoles ou encore dans le conseil de gestion.

    Pour me contacter: hello@anafin.fr

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