Le compte de résultat

La rentabilité se mesure à partir du compte de résultat de l'entreprise

En quoi consiste le compte de résultat? D'un côté les charges enregistrées dans l'année, de l'autre les produits. La différence produits - charges fait ressortir un bénéfice (ou une perte si le résultat est négatif).

actif passif

Jusqu'ici, aucune révélation…

Maintenant, faisons un point sur quelques particularités importantes du compte de résultat:

Le rôle des variations de stock

On confond assez souvent "chiffre d'affaires" et "produit", ou encore "charges" et "achats". Or il s'agit de notions différentes.

Exemple 1: variation de stocks et produit

Ventes de l'année 80
Stocks produits finis en début d'année 20
Stocks produits finis fin d'année 50

Qu'a produit l'entreprise dans l'année?

  • Sur les 80 de ventes, 20 concernent la production N-1
  • Donc elle a vendu pour 80 - 20 = 60 de ce qui a été produit en N
  • Elle finit l'année avec un stock de 50, donc sa production de l'année est 60 + 50 = 110

Ce raisonnement revient à dire que le produit est constitué:

  • des ventes
  • auxquelles on ajoute la variation de stocks de produits finis
  • soit: 80 + (50 - 20)

Exemple 2: variation de stocks et charges

Achats d'approvisionnements 40
Stocks d'appros en début d'année 50
Stocks d'appros en fin d'année 30

Quelles ont été les charges de l'entreprise dans l'année?

  • Elle a d'abord utilisé le stock d'appros de départ, 50
  • Il reste 30 en stocks en fin d'année, donc sur les 40 achetés elle n'a utilisé que 40 - 30 = 10
  • Les charges d'exploitation sont donc de 50 + 10 = 60

Ce qui revient à dire que les charges sont égales:

  • aux achats
  • diminués de la variation de stocks d'appros
  • soit: 40 - (30 - 50)

Toute augmentation des stocks est un produit au compte de résultat

Les dotations aux amortissements

Autre règle importante dans un compte de résultat : on n'inscrit pas "telles quelles" les opérations d'investissement.

Exemple : l'entreprise achète un véhicule d'une valeur de 20K€. Ce véhicule sera vraisemblablement utilisé pendant plusieurs années avant d'être changé. Est-ce assimilable à une perte pour l'entreprise? Bien-sûr que non. Mais cela reste une dépense.

Cette dépense, on va la lisser, et l'étaler sur la durée d'usage du bien. C'est-à-dire la période au terme de laquelle, en théorie, le bien n'aura plus de valeur et sera susceptible d'être renouvelé.

C'est cette dépréciation que l'on va passer en charge, tous les ans.

Considérons dans notre exemple que le véhicule "ne vaudra plus rien" au bout de cinq ans, et qu'il faudra alors le renouveler. On va étaler le montant de l'investissement pendant toute la durée d'utilisation du bien, donc passer une charge d'amortissements de 4K€ par an pendant 5 ans.

Les dotations aux amortissements sont un moyen de lisser sur plusieurs années les dépenses d'investissement

Les plus ou moins values sur cession d'actif immobilisé

Par cohérence avec la politique d'étalement des dépenses d'investissement, on ne va pas inscrire brutalement en produit le montant d'une revente.

Exemple: supposons que notre même véhicule, acheté 20K€, soit revendu au bout de trois ans pour une valeur de 10K€. Comptablement, on peut considérer qu'il "manque" deux ans d'amortissement au compte de résultat, soit 8K€. Lors de la revente, on va soustraire ces 8K€ non amortis du prix de cession (10K€), pour constater une plus-value de 2K€.

Les provisions

Comme les amortissements, les provisions sont une charge qui sert à constater une dépréciation: cette fois-ci, non pas sur une immobilisation (un investissement), mais, typiquement, sur la valeur d'un produit en stocks ou sur le montant d'une créance que l'on sait irrécupérable.

Les opérations de financement

Dernière règle importante: les opérations de financement (emprunts et remboursements d'emprunts), qu'elles soient à court ou à long terme, sont exclues du compte de résultat. Et c'est du pur bon sens.

Prenons A et B, deux entreprises parfaitement identiques.

  • A choisit d'emprunter 40K€
  • B choisit de ne rien faire

Y a-t-il la moindre raison de considérer que A réalise un meilleur produit que B? Aucune.

Seuls les intérêts d'emprunts seront passés en charge, et non le principal.

En conclusion: les produits et charges d'un compte de résultat ne traduisent pas les mouvements de trésorerie réels d'une entreprise