Les soldes intermédiaires de gestion

Et le compte de résultat devient parlant

Charges à gauche, produits à droite... Tel quel, il est rigoureusement impossible d'analyser un compte de résultat. C'est pourquoi il est nécessaire de le réorganiser. Les soldes intermédiaires de gestion ("SIG") reGroupent les postes de charges et de produits d'une manière logique et plus parlante.

Les SIG

La logique qui sous-tend les SIG est simple. De manière schématisée, on va considérer qu'à partir du chiffre d'affaires dégagé par l'exploitation, il va falloir être en mesure, dans l'ordre:

  1. de payer les fournisseurs
  2. de payer les salariés
  3. de faire face au renouvellement des investissements
  4. de payer les intérêts dus aux créanciers
  5. de payer l'état
  6. de rémunérer les propriétaires de l'entreprise

A chaque étape, on constate un solde. Ce qui nous donne:

CA (chiffre d'affaires)
- achats
+ augmentation des stocks
= VA (valeur ajoutée)
- charges de personnel
= EBE (excédent brut d'exploitation)
- dotations aux amortissements et provisions
= Résultat d'exploitation
+/- produits ou charges financières
= Résultat courant
+/- résultat exceptionnel (plus ou moins values sur cessions)
= Résultat brut
- impôt sur les sociétés
= Résultat net
(disponible sous forme de dividendes)

Un de ces SIG mérite tout particulièrement notre attention: l'excédent brut d'exploitation. Voyons pourquoi il s'agit d'un indicateur-clé de l'analyse.

L'EBE mesure l'exploitation, et rien d'autre.

Rappelons ce qu'est l'EBE : le produit d'exploitation, diminué des consommations et achats de service, diminué des salaires et charges salariales. Bref, c'est ce qui reste après qu'on a payé les fournisseurs et les employés.

On ne "triche pas" avec l'EBE !

Dans l'EBE ne sont pas encore prises en compte les dotations aux amortissements.

Or les amortissements peuvent être modulés de façon à modifier le résultat déclaré auprès de l'administration fiscale — l'intérêt étant, par exemple, de limiter l'impact de l'impôt sur le revenu lors d'une année exceptionnelle.

L'EBE se calcule également avant charges financières: or ces dernières vont dépendre en grande partie des décisions prises par les dirigeants d'entreprise en matière de financement.

Le calcul de l'EBE est donc complètement indépendant des politiques fiscales ou financières propres à chaque entreprise.

L'EBE est souvent le point de départ quand on réalise des projections financières

L'EBE est "la" ressource d'exploitation, à partir de laquelle on peut décliner les politiques qui sont au cœur de la décision financière : investissement, financement et distribution de dividendes (ou prélèvements privés).

A ce titre, il est souvent un élément clé du tableau de financement, que l'on étudiera plus loin.